17/09/2007

Le PLU de Montrouge analysé par Particip'actif

Il n'est pas évident de se retrouver dans une réglementation technique (surtout quand on n'est pas juriste, architecte, urbaniste…)  et d'y apposer des arguments convaincants lors de l’Enquête d’utilité publique qui se déroule du 10 septembre au 12 octobre 2007 à la Cité administrative.

Particip'actif vous propose une analyse critique du PLU de Montrouge qui risque de réglementer notre territoire pour les 15 à venir. Autant dire que les enjeux sont d'importance !

Après un constat général sur l'évolution de la ville de Montrouge et une analyse critique tant de la méthode d'élaboration du PLU que de son contenu, le document de synthèse (11 pages en Word) propose une entrée thématique :

  • Ouvertures et vis-à-vis
  • Hauteurs
  • Densification
  • Secteurs de maisons et villas
  • Patrimoine architectural
  • Mixité fonctionnelle
  • Mixité sociale
  • Pleine terre et espaces verts
  • Energies renouvelables
  • Déplacements
  • Orientations d’aménagement sectorielles
  • Démocratie locale

Pour chaque thème, une analyse comparative en le POS et le PLU est effectuée. Les incidences du PLU telles qu'elles sont soumises à enquête publique sont identifiées. En conclusion de chaque thème, Particip'actif pointe sur des demandes d'évolution du PLU.

Analyse-PLU_Participactif.doc 

 

 

A vous maintenant de vous forger votre propre opinion, de reprendre, à votre façon les arguments proposés afin de les inscrire sur le registre d'Enquête publique. Il en va de l'évolution de notre territoire, pour nous, pour nos enfants et les générations futures…

16/11/2006

Une concertation en faux-semblant ?

Nous publions ci-dessous des extraits d’un courrier que Particip’actif a reçu et dont nous approuvons  largement le contenu. Notre interlocuteur signale à juste titre que la communication municipale concernant l’exposition PLU du 6 au 18 novembre au Centre administratif et la réunion publique du 9 novembre au Théâtre s’est faite au dernier moment et de façon homéopathique. La municipalité a-t-elle peur d’une véritable concertation ou la considère-t-elle avec dédain ?

Notre interlocuteur rappelle également que le PADD - le Projet d’Aménagement et de Développement Durable - de Montrouge, texte qui doit exposer les grandes orientations choisies pour le Montrouge de demain et servir de référence pour la rédaction de la réglementation du PLU, n’est toujours pas accessible au public, alors qu’il a été rédigé en 2004. Particip’actif, qui s’en était procuré un exemplaire, l’a publié dans son blog avec d'autres textes de références.

Voici les extraits de ce courrier :

« Montrougien depuis près de 20 ans, j'assiste autant que possible aux réunions publiques organisées par la municipalité, "réunions de quartiers", "rencontres de préparation du PLU".
Certes ces réunions permettent de glaner quelques informations, je n'y perçois pas cependant une réelle volonté de transparence et d'écoute.
  
L'exposition sur le PLU tenue en ce moment au centre administratif m'a interpellé (…):
  
Exposition édifiante…
 •         largement incomplète par rapport à ce que doit être l’ambition  d’un PLU,
 •         d’une durée trop limitée par rapport à l’importance des enjeux,
 •         qui n’a pratiquement pas fait l’objet de publicité (…),
 ·          qui devrait être reprise dans son intégralité et même au-delà sur le site Internet officiel de la ville de Montrouge.
  

L’interdiction de prendre des photos des panneaux sous peine de poursuites au titre de tel et tel article de la loi montre de plus une  grande volonté d’extrême transparence de la démarche !!!
  
Il est pourtant possible de lire sur le site officiel de la ville : « Le PLU incarne une nouvelle approche de l'urbanisme local : alors que le POS réglementait uniquement l'utilisation du sol, le PLU est un véritable document de planification, qui définit les orientations de développement et d'aménagement à long terme de la commune en plus du droit des sols. (…) »

Quatre réunions publiques ont été tenues en novembre et décembre 2005 sur les thèmes « Commerce », « Déplacements », Renouvellement urbain », « Environnement ». Des idées intéressantes y ont été émises, parfois contradictoires mais toujours dignes de discussion. Aucune réflexion transversale ne semble par contre avoir été ensuite menée. Aujourd’hui cette démarche accouche d’une souris, au moins pour ce qu’on nous présente, car aucune vision d’avenir n’est proposée.

Pourtant de nombreux sujets méritent d’être discutés sans tarder pour faire de Montrouge une ville encore plus dynamique, plus vivante et conviviale.
 ·                La transformation de la place E. Cresp en un véritable « cœur de ville » entouré du nouveau théâtre, de l’hôtel de ville et du centre administratif, à proximité immédiate de la
médiathèque,
 ·                La définition d’une politique d’aménagement et d’animation du centre ville à partir du commerce existant,
 ·                Le devenir de la ZAC Schlumberger,
 ·                L’élaboration de solutions aux problèmes constatés
quotidiennement, nuisances sonores, pollution, encombrements,…donneraient par exemple, dans le cadre d’une vision globale, un véritable élan au PADD et au PLU et susciteraient à n’en pas douter l’enthousiasme des Montrougiens.
  
Le POS, qui comportait 184 pages, a permis de belles réalisations mais a conduit malheureusement aussi à certains conflits par manque de clarté. La volonté de simplifier la réglementation est certes louable, limiter à 20 pages le volume du PLU ne risque t’il pas cependant d’ouvrir le champs à tous les abus… Peut-on de plus en si peu de  lignes prétendre présenter un véritable projet d’aménagement communal à moyen terme !!!  (…)

Notre ville mérite beaucoup mieux. La démocratie ne se nourrit pas de  faux-semblants mais de réelles discussions. »

 

28/09/2006

PLU et ZAC, où va-t-on ?

Au mois de juillet, P’A a rencontré le Maire et le Service de l’Aménagement urbain pour une présentation du projet de réglementation du PLU. Nous remercions le Maire d’avoir organisé cette rencontre. P’A a écouté l’exposé sur le PLU, formulé des remarques et avancé quelques propositions qui ont attiré l’attention. Il s’agissait pour l’heure essentiellement de recueillir des informations sur l’état d’un projet qui continue d’évoluer.

Le futur PLU opère une simplification par rapport au POS actuel (1). Au lieu de la définition d’une dizaine de zones qui découpent aujourd’hui Montrouge en une sorte de puzzle, il ne reste plus qu’une seule zone avec une réglementation unique. Avec néanmoins des exceptions. D’une part des secteurs protégés de rues pavillonnaires (en nombre plus élevé que les zones de type UE du POS actuel). D’autre part des zones d’activités (l’équivalent des zones UF de POS actuel), aux abords des grands axes et du périphérique. Les périmètres concernés sont identifiés sur le plan de la ville et des règles particulières leur sont affectées.

Un second point est la suppression du COS au profit de règles de volume, d’enveloppe, de gabarit. Pour s’en tenir à un seul point significatif, la règle de hauteur repose sur un principe d’harmonisation entre le nouveau et l’existant. Il n’y a pas de hauteur maximale fixée, ni pour l’ensemble de la ville, ni îlot par îlot (comme cela a été réalisé à Paris). Au cas par cas on déterminera la hauteur admissible en tenant compte des hauteurs voisines sur le linéaire. Des transitions en escalier seront aménagées pour éviter les pignons disgracieux et réduire les dents creuses.

Tout cela aboutira, nous a dit le Maire, à un PLU d’une vingtaine de pages… au lieu des 184 du POS actuel. La nouveauté justifiée, c’est l’idée de simplifier et de rendre lisible pour tous la réglementation. Dans les nouveaux PLU qu’on a pu consulter, on observe en effet que le nombre de zones diminue et que le COS tend à disparaître. Ce n’est pas une évolution qui favorise nécessairement l’appétit sans limites des promoteurs. Encore faut-il que les règles édictées soient précises et complètes. Vingt pages de règlements et de plans, cela paraît léger et risque d’ouvrir la porte à toutes les interprétations possibles.

Autre point, on assiste à une progression, encore timide, des propositions à valeur environnementale : protection renforcée pour les espaces verts (espaces verts publics et espaces verts privés « classés » en plus grand nombre) ;  cœurs d’îlot interdits de bâtir ; réduction de la profondeur de la  bande constructible ; obligation renforcée de surfaces laissées en pleine terre ; cuves de rétention des eaux pluviales ; 2 arbres à hautes tiges par 100m². D’autres idées ont été suggérées : prime pour favoriser le solaire, adoption d’une norme Haute qualité environnementale pour les bâtiments publics.

P’A a soulevé également d’autres points, en liaison avec le contenu du PADD (2) : tracé du métro, circulations douces, désenclavement du secteur Est, immeubles remarquables, principe de rénovation plutôt que de démolition-construction à neuf des pavillons, logement social, aménagement du centre-ville, construction d’écoles, maternelles et crèches.

La question de la ZAC sur le périmètre qui entoure le site (ex-) Schlumberger a été évoquée : le Maire a évoqué une nouvelle fois la perspective d’acquérir la partie Est du parc (côté Areva) pour la rendre publique et l’élargissement de la rue Gabriel Péri avec constructions de logements et d’une école.

Autre chose se prépare sur le site qui n’a pas été détaillé lors de cette rencontre, mais qui transparaît dans le projet de modification du POS consultable en Mairie jusqu’au 6 octobre. Il s’agit d’autoriser deux constructions en hauteur, l’une sur le parking, côté place Jean Jaurès, l’autre en remplacement de l’immeuble qui borde la place des Etats-Unis (côté ouest de cette place). La hauteur maximum admise passerait de 16m et R+4 à 30m et R+7. Si l’on a bien compris un dossier parfois obscur, il s’agirait  principalement (mais pas seulement) d’un immeuble d’environ 24m côté place Jean Jaurès (R+7) et d’un autre de 30m côté place des Etats-Unis (R+7 sur deux niveaux de pilotis). Le tout pour accorder 25 000 m² au « repreneur pressenti » qui en a fait la demande. Justification : il faut maintenir l’activité sur ce site qui compte 80 000m² de COS disponible; il faut construire en hauteur pour ne pas manger l’espace vert. La construction sur pilotis, est-il dit, « permet de libérer une perspective visuelle vers l’espace vert intérieur et de recréer une liaison avec le square des E-U. »  A chacun de juger l’argument. En prime également est annoncé « un projet global qui aboutirait à la création d’un espace vert public d’environ un hectare dans le prolongement de l’espace vert privé actuel. » Une formulation énigmatique s’il ne s’agit que de désigner la partie du site côté Areva.

Toujours est-il que cela annonce une transformation significative du site. Ce qui gêne dans ce projet d’autoriser deux « mini-tours » qui tranchent avec le voisinage, c’est qu’on n’a pas la vue d’ensemble de l’aménagement du secteur pour pouvoir porter un jugement valable. Ce qui inquiète, c’est qu’il donne un avant-goût de l’application du futur PLU qui verra la disparition de toute indication limite de hauteur.

Prochaine étape : sont annoncés pour bientôt une exposition et une réunion publiques conjointement sur le projet de réglementation du PLU et sur le projet de ZAC Schlumberger.

Patrimoine. Signalons que P’A a également rencontré, au mois de juillet, l’Architecte des bâtiments de France du département. Elle est impliquée pour chaque permis de construire dans les périmètres de 500 mètres de rayon qui entourent les bâtiments classés (des bâtiments d’Arcueil, Gentilly et Malakoff, ainsi que l’église saint Jacques à Montrouge, depuis peu). Une rencontre utile, avec promenade dans le secteur du centre-ville. Mention particulière pour le 26, rue du colonel Gillon et ses médaillons qui ont retenu l’attention de l’Architecte.

Indice de satisfaction. Concluons sur le titre de la dernière parution de Montrouge Magazine : « Vous êtes 93% à être satisfaits de vivre à Montrouge » référence au résultat du dépouillement du questionnaire récent.  Alors, plébiscite ou résultat faussement significatif ? Nous aussi, à P’A nous sommes satisfaits de vivre à Montrouge, mais nous le sommes moins de l’évolution de la ville depuis une dizaine d’années ! Voilà une précision dans l’analyse que le questionnaire ne permettait pas d’atteindre.

 

(1) PLU, Plan local d’urbanisme; POS : Plan d’occupation des sols.

(2) PADD : Projet d’Aménagement et de Développement Durable, c’est présentation des intentions du PLU pour l’avenir de notre ville. Le PADD est une nouveauté distingue nettement le PLU nouveau du POS ancien. Il n’est pas opposable, mais la règlementation du PLU ne doit pas entrer en contradiction avec lui.

 

09/05/2006

Un questionnaire pour quoi faire ?

Chaque foyer montrougien (sauf couac de distribution) a reçu deux questionnaires envoyés par la municipalité afin que chacun puisse donner « son avis sur les règles qui modèleront Montrouge dans les prochaines années », c’est-à-dire les règles du nouveau PLU (Plan local d’urbanisme) [1] Un 4 pages d’enquête qui porte la marque du sérieux de la TNS/Sofres. Une bonne initiative : on nous donne la parole et on va nous écouter…

 


Mais à y regarder de plus près, on trouve peu de questions qui permettraient de construire un projet de réglementation du PLU à partir du jugement des habitants et pas non plus un pré-projet de la municipalité sur lequel on demanderait aux Montrougiens de se prononcer. L’enquête se présente comme une suite de questions portant sur la perception de Montrouge (question 1 – mais l’évolution récente de Montrouge n’est pas interrogée), sur un diagnostic (où faites-vous vos courses, comment vous déplacez-vous), sur des orientations générales (quelles priorités : l’environnement, le déplacement, etc.), sur les perspectives d’une politique municipale (les équipements, les espaces verts publics, etc.), mais les questions directement consacrées à la réglementation du PLU sont une minorité (8, 10, 16, 17, 19).

 


Rappelons que la décision d’élaborer un PLU avait  été prise en novembre 2002. Qu’un diagnostic a été rédigé entre juillet 2003 et février 2004. Que le PADD (Projet d’Aménagement et de développement Durable) qui fixe les grandes orientations du PLU a été voté par le Conseil municipal en juin 2004. Que les règles d’urbanisme du PLU sont en cours de fabrication. Quatre années écoulées et avec ce questionnaire, on a l’impression qu’on revient au point de départ. Ou alors la réglementation se prépare de toute façon par ailleurs et la consultation n’est qu’une (coûteuse) opération de communication ? Une opération  destinée à justifier la politique urbaine déjà suivie et à se parer des vertus de la démocratie locale ? Une opération qui vise d’autres échéances que le PLU ? La question peut être posée.

 


Jusqu’en 2005, la concertation autour du PLU avait été minimum, avec une exposition en avril 2004. Début 2005 Particip’actif, avait lancé l’idée d’ateliers thématiques ouverts à la population, pour discuter de l’élaboration du PLU. Le Maire avait repris l’idée et organisé 4 rencontres autour du PLU en novembre-décembre 2005. Des rencontres utiles mais ponctuelles, sans suivi, malgré le souhait exprimé par les participants de poursuivre un débat public. Et puis arrive le questionnaire. Il a été élaboré, nous dit le Maire, à partir des remarques des participants aux quatre rencontres : ce n’est pas tout à fait exact, bien des points soulevés lors de ces rencontres n’y figurent pas.

 


Mais, nous dira-t-on, il y a le label professionnel de la  TNS/Sofres. Il faudrait connaître la méthode de dépouillement, d’interprétation et de publication des résultats. Rien ne permet de préjuger que l’échantillon des personnes qui ont répondu sera représentatif. Rappelons que la Mairie reste maître de choisir ce qui sera publié ou pas du dépouillement et de l’interprétation de la TNS/Sofres [2]. La partie « votre profil » du questionnaire pourrait permettre à notre autorité municipale d’identifier et de cibler certaines catégories d’électeurs.

 


 Résumons l’impression qui se dégage de notre analyse des chapitres Renouvellement urbain, Environnement et Déplacements, à consulter : à côté de questions utiles, d’autres très générales dont le résultat n’engage pas à grand-chose, des formulations parfois orientées, des questions à l’éventail de réponses trop fermé, des questions manquantes enfin. Un questionnaire minimaliste (mais pouvait-il en être autrement pour ce type d’opération ?) qui ne permet d’envisager aucune dynamique audacieuse pour notre ville. Dommage.

 


 A suivre : le renouvellement urbain