28/09/2006
PLU et ZAC, où va-t-on ?
Le futur PLU opère une simplification par rapport au POS actuel (1). Au lieu de la définition d’une dizaine de zones qui découpent aujourd’hui Montrouge en une sorte de puzzle, il ne reste plus qu’une seule zone avec une réglementation unique. Avec néanmoins des exceptions. D’une part des secteurs protégés de rues pavillonnaires (en nombre plus élevé que les zones de type UE du POS actuel). D’autre part des zones d’activités (l’équivalent des zones UF de POS actuel), aux abords des grands axes et du périphérique. Les périmètres concernés sont identifiés sur le plan de la ville et des règles particulières leur sont affectées.
Un second point est la suppression du COS au profit de règles de volume, d’enveloppe, de gabarit. Pour s’en tenir à un seul point significatif, la règle de hauteur repose sur un principe d’harmonisation entre le nouveau et l’existant. Il n’y a pas de hauteur maximale fixée, ni pour l’ensemble de la ville, ni îlot par îlot (comme cela a été réalisé à Paris). Au cas par cas on déterminera la hauteur admissible en tenant compte des hauteurs voisines sur le linéaire. Des transitions en escalier seront aménagées pour éviter les pignons disgracieux et réduire les dents creuses.
Tout cela aboutira, nous a dit le Maire, à un PLU d’une vingtaine de pages… au lieu des 184 du POS actuel. La nouveauté justifiée, c’est l’idée de simplifier et de rendre lisible pour tous la réglementation. Dans les nouveaux PLU qu’on a pu consulter, on observe en effet que le nombre de zones diminue et que le COS tend à disparaître. Ce n’est pas une évolution qui favorise nécessairement l’appétit sans limites des promoteurs. Encore faut-il que les règles édictées soient précises et complètes. Vingt pages de règlements et de plans, cela paraît léger et risque d’ouvrir la porte à toutes les interprétations possibles.
Autre point, on assiste à une progression, encore timide, des propositions à valeur environnementale : protection renforcée pour les espaces verts (espaces verts publics et espaces verts privés « classés » en plus grand nombre) ; cœurs d’îlot interdits de bâtir ; réduction de la profondeur de la bande constructible ; obligation renforcée de surfaces laissées en pleine terre ; cuves de rétention des eaux pluviales ; 2 arbres à hautes tiges par 100m². D’autres idées ont été suggérées : prime pour favoriser le solaire, adoption d’une norme Haute qualité environnementale pour les bâtiments publics.
P’A a soulevé également d’autres points, en liaison avec le contenu du PADD (2) : tracé du métro, circulations douces, désenclavement du secteur Est, immeubles remarquables, principe de rénovation plutôt que de démolition-construction à neuf des pavillons, logement social, aménagement du centre-ville, construction d’écoles, maternelles et crèches.
La question de la ZAC sur le périmètre qui entoure le site (ex-) Schlumberger a été évoquée : le Maire a évoqué une nouvelle fois la perspective d’acquérir la partie Est du parc (côté Areva) pour la rendre publique et l’élargissement de la rue Gabriel Péri avec constructions de logements et d’une école.
Autre chose se prépare sur le site qui n’a pas été détaillé lors de cette rencontre, mais qui transparaît dans le projet de modification du POS consultable en Mairie jusqu’au 6 octobre. Il s’agit d’autoriser deux constructions en hauteur, l’une sur le parking, côté place Jean Jaurès, l’autre en remplacement de l’immeuble qui borde la place des Etats-Unis (côté ouest de cette place). La hauteur maximum admise passerait de 16m et R+4 à 30m et R+7. Si l’on a bien compris un dossier parfois obscur, il s’agirait principalement (mais pas seulement) d’un immeuble d’environ 24m côté place Jean Jaurès (R+7) et d’un autre de 30m côté place des Etats-Unis (R+7 sur deux niveaux de pilotis). Le tout pour accorder 25 000 m² au « repreneur pressenti » qui en a fait la demande. Justification : il faut maintenir l’activité sur ce site qui compte 80 000m² de COS disponible; il faut construire en hauteur pour ne pas manger l’espace vert. La construction sur pilotis, est-il dit, « permet de libérer une perspective visuelle vers l’espace vert intérieur et de recréer une liaison avec le square des E-U. » A chacun de juger l’argument. En prime également est annoncé « un projet global qui aboutirait à la création d’un espace vert public d’environ un hectare dans le prolongement de l’espace vert privé actuel. » Une formulation énigmatique s’il ne s’agit que de désigner la partie du site côté Areva.
Toujours est-il que cela annonce une transformation significative du site. Ce qui gêne dans ce projet d’autoriser deux « mini-tours » qui tranchent avec le voisinage, c’est qu’on n’a pas la vue d’ensemble de l’aménagement du secteur pour pouvoir porter un jugement valable. Ce qui inquiète, c’est qu’il donne un avant-goût de l’application du futur PLU qui verra la disparition de toute indication limite de hauteur.
Prochaine étape : sont annoncés pour bientôt une exposition et une réunion publiques conjointement sur le projet de réglementation du PLU et sur le projet de ZAC Schlumberger.
Patrimoine. Signalons que P’A a également rencontré, au mois de juillet, l’Architecte des bâtiments de France du département. Elle est impliquée pour chaque permis de construire dans les périmètres de 500 mètres de rayon qui entourent les bâtiments classés (des bâtiments d’Arcueil, Gentilly et Malakoff, ainsi que l’église saint Jacques à Montrouge, depuis peu). Une rencontre utile, avec promenade dans le secteur du centre-ville. Mention particulière pour le 26, rue du colonel Gillon et ses médaillons qui ont retenu l’attention de l’Architecte.
Indice de satisfaction. Concluons sur le titre de la dernière parution de Montrouge Magazine : « Vous êtes 93% à être satisfaits de vivre à Montrouge » référence au résultat du dépouillement du questionnaire récent. Alors, plébiscite ou résultat faussement significatif ? Nous aussi, à P’A nous sommes satisfaits de vivre à Montrouge, mais nous le sommes moins de l’évolution de la ville depuis une dizaine d’années ! Voilà une précision dans l’analyse que le questionnaire ne permettait pas d’atteindre.
(1) PLU, Plan local d’urbanisme; POS : Plan d’occupation des sols.
(2) PADD : Projet d’Aménagement et de Développement Durable, c’est présentation des intentions du PLU pour l’avenir de notre ville. Le PADD est une nouveauté distingue nettement le PLU nouveau du POS ancien. Il n’est pas opposable, mais la règlementation du PLU ne doit pas entrer en contradiction avec lui.
10:00 Publié dans Suite du PLU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note